Questionnaire d’intégration des nouveaux salariés, quoi mesurer et quand
Ce qu’un questionnaire d’intégration mesure auprès des nouveaux salariés, les questions à poser, le bon moment pour les interroger, la façon de garantir l’anonymat quand ils sont peu nombreux et ce qu’il faut faire des résultats.
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Un questionnaire d’intégration interroge les salariés arrivés depuis peu sur la façon dont ils ont été recrutés, accueillis et accompagnés : la fidélité de l’annonce et des entretiens au poste réel, la préparation du premier jour, la présentation de leur mission et de leurs moyens, l’accueil par leur manager et par leur équipe, le bilan de fin de période d’essai. Posé à plusieurs moments des premiers mois, ou intégré au baromètre social annuel sous forme d’un chapitre réservé aux arrivants, il montre ce qui fonctionne dans le parcours d’accueil et ce qui fait partir les nouveaux salariés.
Les départs précoces coûtent cher et sont fréquents. Selon l’Observatoire de l’onboarding d’OpinionWay pour Scalliance (1 001 salariés du privé interrogés en avril 2025), 32 % des salariés ont déjà quitté une entreprise à cause de difficultés d’intégration. L’Apec mesurait en 2022 que 22 % des cadres avaient démissionné d’un CDI dans les deux ans suivant leur prise de poste au cours des dix dernières années, dont 12 % pendant la période d’essai.
- Salariés déjà partis à cause d’une intégration difficile
- 32 %
- OpinionWay pour Scalliance, 1 001 salariés du privé, avril 2025
- Cadres qui ont démissionné d’un CDI dans les deux ans
- 22 %
- Apec, Démissions précoces de cadres, 3 100 cadres, 2022
- Cadres qui voient un écart entre poste annoncé et réel
- 34 %
- Même étude de l’Apec ; 51 % chez les moins de 35 ans
- CDI rompus avant un an
- 36 %
- Dares, contrats signés en 2011, publication de janvier 2015
- Questionnaire d’intégration
Une enquête posée aux salariés recrutés ou arrivés par mobilité interne depuis quelques mois, sur leur recrutement, leur accueil et leurs débuts dans le poste. Ses résultats se lisent de façon collective, par cohorte d’arrivants et par population, pour améliorer le parcours d’intégration. On parle aussi d’enquête d’onboarding.
Pourquoi mesurer l’intégration des nouveaux salariés
Les premiers mois décident d’une bonne part des départs. Dans l’enquête de la Dares sur les CDI signés en 2011, 36,1 % des contrats étaient rompus avant un an : 16,1 % par une démission et 12,7 % par une fin de période d’essai. Ces chiffres portent sur des contrats signés il y a plus de dix ans et se lisent comme un ordre de grandeur.
L’Apec donne les raisons côté cadres. Parmi ceux qui ont démissionné dans les deux ans, 56 % y ont pensé dès les six premiers mois (65 % chez les jeunes cadres). L’écart entre le poste annoncé et le poste réel pèse autant que l’opportunité trouvée ailleurs, et les cadres l’attribuent d’abord au style de management et aux perspectives d’évolution. L’étude d’OpinionWay ajoute qu’après une intégration jugée insatisfaisante, la décision de partir se prend dans le premier mois dans plus de la moitié des cas, et que 47 % des nouveaux arrivants sont sollicités par d’autres entreprises pendant leur intégration.
Un départ en période d’essai fait perdre le coût du recrutement, le temps passé à former la personne et souvent plusieurs mois avant que le poste soit de nouveau pourvu. L’Apec mesurait en 2025 une durée moyenne de recrutement d’un cadre d’environ douze semaines.
| Catégorie de salarié en CDI | Durée maximale de la période d’essai | Avec un renouvellement |
|---|---|---|
| Ouvriers et employés | 2 mois | 4 mois |
| Agents de maîtrise et techniciens | 3 mois | 6 mois |
| Cadres | 4 mois | 8 mois |
Ces durées sont celles du Code du travail (articles L1221-19 et suivants) ; un accord de branche étendu doit prévoir le renouvellement, que le contrat mentionne et que le salarié accepte par écrit. La période d’essai donne le calendrier du questionnaire d’intégration : les salariés doivent être interrogés avant qu’elle se termine, quand l’entreprise peut encore corriger ce qui ne va pas.
Deux façons d’interroger les nouveaux arrivants
Nous proposons deux dispositifs, qui se combinent.
| Enquête d’intégration au fil des arrivées | Chapitre intégration du baromètre annuel | |
|---|---|---|
| Qui répond | Chaque nouvel arrivant, à des dates fixées après son arrivée | Les salariés arrivés ou mutés depuis deux ans au plus, repérés par une question sur leur ancienneté |
| Ce qu’elle mesure | L’accueil et les premiers mois, au moment où ils se vivent | Le souvenir de l’intégration, comparé à l’engagement et aux intentions des autres salariés |
| Son atout | Des réponses à chaud, qui permettent de corriger vite | Un grand nombre de répondants, une lecture par population, une comparaison avec l’ensemble |
| Sa limite | Peu de répondants à la fois, d’où un risque pour l’anonymat | Une réponse qui arrive parfois un an et demi après l’arrivée |
| Pour qui | Les entreprises qui recrutent au moins plusieurs dizaines de personnes par an | Toutes les entreprises qui conduisent un baromètre social |
Une entreprise qui recrute une vingtaine de personnes par an obtiendra peu de résultats lisibles d’une enquête au fil des arrivées. Le chapitre du baromètre annuel lui suffit, complété par l’entretien de fin de période d’essai, qui relève d’un échange nommé avec le manager et les RH.
Les dimensions d’un questionnaire d’intégration
Le parcours d’intégration commence avant le premier jour, avec l’annonce et les entretiens, et se termine quand le salarié travaille de façon autonome. Le questionnaire suit cet ordre.
| Dimension | Ce que le questionnaire interroge | Exemple de question de la banque |
|---|---|---|
| Recrutement et promesse | La clarté de l’annonce, la fidélité des entretiens au poste réel | « Les éléments qui m’ont été présentés en entretien se sont révélés exacts au quotidien » |
| Rémunération annoncée | La présentation des éléments de rémunération avant l’embauche | « Lors de mon recrutement, les éléments de ma rémunération m’ont été présentés clairement » |
| Formalités et premier jour | Les démarches administratives, le poste de travail, les accès | « Les formalités administratives liées à mon recrutement / mobilité se sont passées sans accroc » |
| Mission et moyens | La présentation du rôle, des objectifs et des moyens | « Lors de ma dernière intégration, j’ai eu une présentation claire et formalisée de ma mission ainsi que des moyens dont je disposerai pour la remplir » |
| Accueil par le manager | La disponibilité et l’accompagnement du manager direct | « J’ai été bien accueilli(e) et accompagné(e) lors de ma dernière prise de fonction par mon manager » |
| Accueil par l’équipe | L’intégration dans le collectif de travail | « J’ai été bien accueilli(e) et accompagné(e) lors de ma dernière prise de fonction par l’équipe » |
| Formation et prise en main | Le temps et les ressources pour apprendre le poste | « Ma période d’intégration a été d’une durée suffisante » |
| Bilan et perspectives | L’échange de fin d’intégration, la projection dans l’entreprise | « À la fin de ma période d’intégration, j’ai eu l’occasion d’échanger sur la qualité de celle-ci » |
Ces questions viennent de la banque de PEOPLE BASE, déjà posées chez nos clients. La plupart se répondent sur une échelle d’accord ou sur une échelle « oui, tout à fait » à « non, pas du tout », avec une case « ne se prononce pas ». Une question ouverte termine le questionnaire : « Qu’est-ce qui vous aurait aidé à prendre votre poste plus vite ? »
La question sur la rémunération annoncée a pris de l’importance. Le projet de loi sur la transparence salariale prévoit une fourchette de rémunération dans chaque offre d’emploi, et la banque contient désormais « Avant mon embauche, j’ai été informé(e) de la rémunération ou de la fourchette de rémunération du poste ». Notre article sur la transparence salariale détaille ces obligations.
Quand envoyer le questionnaire d’intégration
Un seul questionnaire posé à six mois mélange des souvenirs très différents : le premier jour s’est un peu effacé, le rapport au manager s’est installé. Nous recommandons trois temps courts, calés sur la période d’essai.
- Un mois après l’arrivée
Une dizaine de questions sur le recrutement, la promesse faite en entretien, les formalités et le premier jour : poste de travail prêt, accès aux outils, interlocuteurs connus. C’est le moment où un écart entre l’annonce et le poste réel apparaît, et où il peut encore se corriger.
- Trois mois après l’arrivée
La mission et les moyens, l’accueil par le manager et par l’équipe, la formation au poste. Pour un employé, ce questionnaire arrive avant la fin de la période d’essai initiale ; pour un cadre, en son milieu.
- Six mois après l’arrivée
Le bilan de l’intégration, l’autonomie dans le poste, la projection dans l’entreprise. Quelques questions reprises du baromètre annuel, sur l’attachement et la confiance dans l’avenir, permettent de comparer les nouveaux arrivants à l’ensemble des salariés.
- Au baromètre annuel
Le chapitre intégration, réservé aux salariés arrivés depuis deux ans au plus, puis les mêmes questions que tous les autres salariés.
Chaque questionnaire se remplit en cinq minutes au plus. Au-delà, le taux de réponse baisse vite chez des salariés qui découvrent leur poste.
Dans le baromètre annuel, une question sur l’ancienneté (« moins d’un an », « de 1 à 3 ans »…) sert à la fois de segmentation et de filtre : sur notre plateforme, les questions du chapitre intégration ne s’affichent qu’aux salariés qui ont répondu « moins d’un an » ou « de 1 à 3 ans ». Les autres passent directement au chapitre suivant, sans lire de consigne du type « si vous êtes arrivé depuis moins de deux ans ».
Rédiger les questions sur l’accueil et l’intégration
Les règles sont celles de toute notre banque de questions, avec deux points propres à l’intégration.
- Une idée par question. « J’ai été bien accueilli(e) par mon manager et mon équipe » mélange deux relations ; l’accueil par l’équipe peut être chaleureux et celui du manager absent. La banque les sépare.
- Une affirmation positive, sans négation, pour que l’accord désigne toujours une situation favorable.
- Des faits que le salarié a vécus. Il sait si son poste de travail était prêt le premier jour ; il ne sait pas si le parcours d’intégration de l’entreprise est « complet ».
- Le même vocabulaire que l’entreprise. Si le parcours s’appelle « séminaire d’accueil » ou si les nouveaux ont un « parrain », les questions emploient ces mots.
- Une question sur la mobilité interne. Un salarié qui change de poste ou de site vit une seconde intégration, souvent moins préparée que la première. Les questions de la banque parlent de « ma dernière prise de fonction » pour couvrir les deux cas.
Garantir l’anonymat quand les arrivants sont peu nombreux
C’est la difficulté propre au questionnaire d’intégration. Un mois donné, une entreprise de 300 salariés accueille deux ou trois personnes. Si elle lit leurs réponses le mois suivant, chaque réponse se rattache à un nom, et le nouvel arrivant, encore en période d’essai, le sait. Il répondra avec prudence, ou ne répondra pas.
Nous appliquons quatre règles.
- La collecte confiée à un tiers, pour que ni le manager ni les RH ne voient les réponses individuelles.
- Un seuil minimal de répondants, fixé avant l’enquête et annoncé, sous lequel aucun résultat n’est montré.
- Des cohortes regroupées dans le temps : les arrivants d’un semestre ou d’une année se lisent ensemble, jamais ceux d’un mois.
- Aucune lecture par manager ni par équipe d’accueil, même quand l’effectif le permettrait.
Le seuil allonge le délai avant les premiers résultats, mais il conditionne la sincérité des réponses. Sur les 25 enquêtes terminées de la plateforme Baromètre social, le taux de participation moyen d’une enquête est d’environ 42 % (données PEOPLE BASE). Avec une cinquantaine d’arrivants par an, un seuil de dix répondants se franchit au bout de six mois à un an. Nos règles sont détaillées dans notre article sur la confidentialité de la mesure du climat social.
Lire les résultats du questionnaire d’intégration
Par étape du parcours
La part de réponses favorables par dimension montre l’étape qui décroche. Quand elle porte sur la présentation de la mission et des moyens, la formation au poste ou l’échange de fin d’intégration, le levier est le manager, dont l’étude d’OpinionWay relève qu’il est encore trop souvent peu impliqué, alors que 97 % des salariés jugent son rôle essentiel ou important. Quand elle porte sur l’annonce ou les formalités, la réponse se trouve du côté du recrutement et de l’administration du personnel.
Par population
Croisez les résultats par direction ou par site, par catégorie, par type de contrat et entre recrutements externes et mobilités internes. Les écarts entre sites révèlent souvent des pratiques d’accueil très différentes au sein d’une même entreprise. Gardez des périmètres assez larges pour rester au-dessus du seuil.
Avec les données RH
Rapprochez les résultats des départs pendant la période d’essai et dans la première année, par direction et par catégorie. Une direction où l’accueil est jugé sévèrement et où les départs précoces sont nombreux passe en priorité.
Avec le reste du baromètre
Dans le baromètre annuel, comparez l’engagement des salariés arrivés depuis moins de deux ans à celui des autres. Un écart défavorable aux arrivants renvoie à l’intégration plus qu’à la stratégie, comme nous le relevons dans notre article sur le baromètre d’engagement des salariés.
Du questionnaire au plan d’actions
Les actions qui suivent un questionnaire d’intégration sont souvent simples et peu coûteuses. Celles que nos clients retiennent le plus souvent :
- un poste de travail, des accès et du matériel prêts le premier jour, sous la responsabilité d’une personne nommée ;
- une annonce et des entretiens relus pour coller au poste réel, avec la rémunération présentée clairement ;
- un temps fixé avec le manager dans la première semaine pour présenter la mission, les objectifs et les moyens ;
- un référent ou un parrain dans l’équipe, distinct du manager ;
- un entretien de bilan avant la fin de la période d’essai, sur l’intégration autant que sur le travail ;
- un parcours écrit pour les mobilités internes, aujourd’hui souvent oubliées.
Restituez les résultats aux managers qui accueillent régulièrement de nouveaux salariés, à l’échelle de leur direction, et présentez-les au CSE avec le reste du baromètre. Mesurez de nouveau avec les mêmes questions pour vérifier l’effet des changements sur la cohorte suivante.
Ce que nous recommandons, et ce que nous déconseillons
Commencez par le chapitre intégration du baromètre annuel, qui ne demande aucun dispositif nouveau et donne des résultats lisibles dès la première vague. Ajoutez l’enquête au fil des arrivées quand vous recrutez assez pour former des cohortes au-dessus du seuil de confidentialité, et calez-la sur la période d’essai.
Nous déconseillons les questionnaires longs envoyés le premier jour, les résultats lus mois par mois sur trois ou quatre arrivants, les questionnaires « anonymes » dont le manager reçoit les réponses et les enquêtes dont aucun résultat n’est jamais présenté aux équipes qui accueillent.
PEOPLE BASE construit des questionnaires d’intégration à partir de sa banque de questions éprouvées, en enquête autonome ou au sein d’un baromètre de climat social. Les résultats sont analysés par cohorte et par population sur la plateforme Baromètre social.
Qu’est-ce qu’un questionnaire d’intégration ?
Une enquête posée aux salariés arrivés depuis quelques mois sur leur recrutement, leur accueil, la présentation de leur mission, l’accompagnement par leur manager et leur équipe et le bilan de leur intégration. Ses résultats se lisent par cohorte et par population pour améliorer le parcours d’accueil.
Quand envoyer un questionnaire d’intégration ?
Nous recommandons trois questionnaires courts, à un mois, trois mois et six mois après l’arrivée, calés sur la période d’essai, puis un chapitre réservé aux arrivants dans le baromètre annuel.
Quelles questions poser à un nouveau salarié ?
Des affirmations sur la fidélité de l’annonce et des entretiens au poste réel, les formalités et le premier jour, la présentation de la mission et des moyens, l’accueil par le manager et par l’équipe, la durée de la formation au poste et l’échange de fin d’intégration, avec une question ouverte sur ce qui aurait aidé.
Un questionnaire d’intégration peut-il rester anonyme avec peu d’arrivants ?
Oui, à condition de regrouper les arrivants d’un semestre ou d’une année, de fixer un seuil minimal de répondants, de confier la collecte à un tiers et de ne jamais lire les résultats par manager.
Quelle différence avec le rapport d’étonnement ?
Le rapport d’étonnement est rédigé et signé par le nouvel arrivant, et sert à son intégration personnelle. Le questionnaire d’intégration est anonyme et sert à améliorer le parcours de tous les arrivants.
Combien de questions compte un questionnaire d’intégration ?
Une dizaine de questions fermées par temps de mesure, plus une question ouverte, soit cinq minutes de réponse au plus. Dans le baromètre annuel, le chapitre intégration compte huit à dix questions.
Pour préparer votre questionnaire d’intégration, un consultant de PEOPLE BASE choisit avec vous les temps de mesure, les questions, le seuil de confidentialité et la façon de regrouper les arrivants, en lien avec votre parcours d’accueil et votre baromètre annuel.
Sources
Onboarding : le grand malentendu, Observatoire de l’onboarding 2026 (communiqué de presse) (nouvel onglet), OpinionWay pour Scalliance,
Démissions précoces de cadres, collection Trajectoires (nouvel onglet), Apec,
Plus d’un tiers des CDI sont rompus avant un an, Dares Analyses n° 005 (nouvel onglet), Dares, ministère du Travail,
Pratiques de recrutement de cadres, édition 2025 (nouvel onglet), Apec,
Période d’essai pour un salarié (nouvel onglet), Service-public.fr, Direction de l’information légale et administrative,


